Archive mensuelle de avril 2007

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Les Lençois (draps) de Maranhenses…

Le voile de la nuit ne s’était toujours pas levé quand le taxi co’ est venu nous chercher à l’auberge. Objectif du jour : les Lençóis Maranhenses, (Prononcez « Laineçoïlle »), une des perles d’Amérique du Sud si on en croit certains guides touristiques.

Nombreux sont les palmiers qui bordent la route une fois la ville loin derrière nous. Par moment, cela ressemble aux palmeraies marocaines, l’aridité du sol en moins. Ce sont tout d’abord des palmiers type « Maripa », au longs tronc rectiligne au bout duquel se déploie une large couronne de feuilles en entonnoir. La fructification et la coque protectrice ne sont pas les mêmes que pour les Maripas de Guyane. A leur base poussent de nombreux petits palmiers acaule (= sans tronc) et vu la densité, il doit être bien difficile de s’y promener. A mesure que les kilomètres défilent, la végétation est plus basse, plus trapu, signe d’une adaptation à un milieu plus sec. Le sol a changé et on voit les premiers cordons dunères. De temps à autre, des marres aux eaux stagnantes dans lesquelles les palmiers bâches aux feuilles caractéristiques en éventail, aiment à plonger leurs racines. Le long de la route rectiligne, quelques habitations qui se regroupent autour d’un terrain de foot en terre battue ou autour d’un carbet abritant un billard. Sur le toit des maisons, les antennes TV, qui vont de la parabole moderne à la roue de vélo surélevé sur une perche en bois de plusieurs mètres de haut… Au milieu de la route, des ânes immobiles entre lesquels notre van doit slalomer.

11h : Barreininhas… ville qui borde le parc des Lençóis… Ici, c’est le Brésil plus authentique, décontracté et tranquille, plus root’s aussi. Notre chauffeur nous pose à une petite agence touristique où se négocie le prix des virées dans le parc. C’était pénible, car les 4, 5 brésiliens parlaient en même temps, rendant nos efforts de compréhension très difficile. ‘Faut dire aussi qu’avec des ouvriers qui terminaient de monter une cloison, ça n’aide pas vraiment. Plus tard, rebellotte à la poussada, avec là aussi des ouvriers qui essuyaient les plâtres à la truelle en regardant en même temps une sorte de Bioman à la télé qui marchait dans un coin. Exemples flagrant d’une ville touristique en devenir…

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Début d’aprème, sous un ciel annonçant la pluie, un 4×4 vient nous chercher pour le aller au parc. Enfin, depuis que j’attends ce moment… Après le passage en bac du rio qui longe la ville, on part plein nord sur une piste de sable profond. Celle-ci nous mène vers les dunes de sable blanc d’une mer de sable côtière de 80km de long sur 40 de large. Le plus fort, ce sont les lagunes d’eau douce installées entre chaque cordon de dunes.

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Il doit y avoir là dessous une bonne couche argileuse ou marneuse qui imperméabilise le fond. A la saison humide (qui ici se termine), le sous-sol se gorge d’eau et la nappe phréatique affleure en surface. Ce que je ne saisie pas, c’est autant de sable. D’où vient-il ? De l’océan Atlantique pas loin, certes, mais quel est le massif qui est en train de se faire érodé ? Ce n’est pas du sédiments amazoniens… Déjà, on est trop à l’est de l’embouchure du fleuve et les courants marins dirigent les bancs de vases vers le plateau des Guyanes, vers l’Ouest. Justement aussi, ce sont des bancs de vase, bien érodé et usé après 5000km de trajet depuis les Andes… pas du sable en tout cas. Il a beau être très fin, transport éolien oblige, il vient d’ailleurs. Mais d’où ? J’ai beau me creuser, je n’ai aucun moyen de le savoir, là comme ça en regardant le paysage.

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Et ces paysages… pfiou…une tuerie, comme à chaque que je me retrouve dans un paysage désertique. Il faut que je convertisse Marie-Laure qui n’est pas attiré par le vide sans vie. J’aime cette immensité, ces panoramas dénudés ans un silence absolue

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Ce qui est unique ici, c’est l’eau cristalline au pied de chaque dune. Quoi de mieux que courir sur les flancs d’une dune pour finir en plongeant dans une eau transparente. Nous, les 4 boumayés, on s’isole du reste du troupeau de touristes pour profiter et savourer ces lieux magiques. Le seul bémol : le temps couvert d’une épaisse couche nuageuse, obscure gâchant l’éclat d’un paysage dunère, pleins de contrastes, de courbes et de brillance quand le soleil est là.

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Pour voir de belles photos sous le soleil : http://bresiltour.free.fr/lencois_pres.htm

A près un trop court moment, il faut reprendre le chemin du retour. Le 4×4 reprend la même piste défoncé, chaotique et inondée régulièrement par d’autres rigoles noyés par les eaux. A mesure que l’on s’éloigne du champ de dunes, la végétation reprend progressivement ses droits. Plus on avance, plus elle est mature… C’est aussi ce qui me fait dire que le littorale continue d’avancer. Avant de rejoindre le bac, on traverse une zone de superbes palmiers  que je n’avais encore jamais vu : Sorte de palmiers bâches aux feuilles caractéristiques, plus petit, au tronc plus fin, portant les cicatrices des anciennes feuilles verticillées en spirale. Ces mêmes feuilles forment au sommet du tronc, une parfaite boule chlorophyllienne, sorte de pissenlit prêt à disperser ses graines, mais de 4-5 m de haut.

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De retour à Barreirinhas, une panne de courant plonge la ville dans le noir de la nuit qui vient de tomber. Installé à la terrasse du resto sur lequel on a jeté notre dévolu pour manger, on assiste au bricolage des électriciens qui, accroché à un poteau ou à une grue, tentent de réparer la panne. A peine, le courant est-il revenu, que le patron du resto sort sa grande télé pour la retransmission du mach de ce soir, celui où Romario doit mettre son 1000ème but. A croire que c’est ce qui a motivé les ouvriers !!… Là, on tripe comme des dingues, assis à notre table. On vit le cliché brésilien : Déjà, l’ambiance de la ville de campagne, à peine éclairée par quelques lampadaires faiblards, une vache ou un âne traversant la rue principale de temps à autre. Ensuite, le match, avec son commentateur qui hurle « Goooooooooooooaaaaaaaaaaaaalllllllllll » toutes les 5 minutes (4 à 3 à la mi-temps…), les mecs qui mâtent le match, oubliant les jeunes et jolies brésiliennes, au visage d’ange et au corps de rêve qui les accompagnent…

Bien usé de la journée au grand air, avec David, on rejoint à peine avant minuit, Nico’& Elo’ déjà installés dans les chambres de notre hôtel sommaire…

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